1884-1957
Maria Ivanova Vassilieff est née le 12 février 1884 à Smolensk, en Russie. Sa mère, Anna Gontcharova,et son père, Ivan Vassilieff,sont de riches propriétaires qui tirent leurs revenus
de leurs terres. Elle a trois frères et habite une très grande maison. En 1903 ses parents l’inscrivent à la faculté de médecine mais elle abandonne ses études après quelques mois et entre à l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg. En 1906 elle reçoit de la tzarine Alexandra Fedorovna une bourse pour un voyage d'études à Paris.
Elle s’inscrit à l’académie de la Palette, où elle rencontre Sonia Delaunay, et,en 1907, elle poursuit sa formation auprès d’Henri Matisse, ainsi qu’aux Beaux-Arts. À 23 ans, elle s’installe définitivement dans la capitale.
Elle fonde en 1910 l’Académie russe de peinture et de sculpture avec plusieurs autres artistes russes et en devient la directrice. Également en 1910, Vassilieff expose ses œuvres pour la première fois au Salon des Indépendants et au Salon d’Automne. Elle a continué à y exposer régulièrement.
En 1912, Vassilieff fonde sa propre académie, nommée Académie Vassilieff, située Avenue du Maine à Montparnasse. Cet endroit devient son atelier, et le point de rencontre des membres les plus importants de la communauté de l'art moderne. Les avant-gardes se bousculent chez M. Vassilieff : on y croise le compositeur Erik Satie, Amedeo Modigliani, Juan Gris ou encore Chaïm Soutine. Les murs de son atelier se tapissent d’œuvres : on y voit la peinture cubiste de Pablo Picasso, de Marc Chagall, mais aussi la sculpture d’Ossip Zadkine. On échange des idées, on débat. Fernand Léger y donne même deux conférences sur l’art moderne, l’une sur « les origines de la peinture et sa valeur représentative », l’autre sur « les réalisations picturales actuelles ». Pendent cette période Marie Vassilieff peint de nombreuses œuvres cubistes.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, touchée par le dénuement moral et matériel de ses amis artistes, elle transforme le deuxième étage de son atelier en une cantine, qui jouit d’une popularité croissante auprès des intellectuels parisiens. En octobre 1915, Marie Vassilieff retourne pour dix mois en Russie où elle revoit une dernière fois ses parents. Elle a l’occasion de participer à deux expositions. À Saint-Pétersbourg, l'exposition Dernière exposition futuriste de tableaux 0,10 dans laquelle Kasimir Malevitch expose son fameux Carré noir sur fond blanc. À Moscou, l’exposition Magasin, de mars 1916 où elle montre pour la première fois les poupées qui la rendront célèbre. En 1916, elle organise un banquet en l'honneur de Georges Braque à sa « Cantine des Artistes ». Début 1917, elle met fin à sa cantine. Son fils Amar, dit Pierre, naîtra quelques mois après.
En 1920, Marie Vassilieff collabore avec le couturier Paul Poiret en créant une série de marionnettes pour les Ballets Suédois. En 1921, Vassilieff participe en une exposition à Londres des Arts et Métiers Russes à la Whitechapel Gallery. Dès les années 1920, son travail évolue vers un certain primitivisme, aux formes arrondies et aux couleurs adoucies. Elle privilégie alors les thèmes de l’enfance, tout en rendant hommage à l’art du loubok, des estampes populaires russe gravée sur bois. Elle s’intéresse aussi à l’art scénique et au design, et conçoit un mobilier anthropomorphe pour l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 au Grand Palais de Paris, et participe au Bal de la Grande Ourse, organisé par l’Union des Artistes Russes.
En 1927, la Beaux Arts Gallery, à Londres,lui consacre une exposition personnelle. Elle rencontre Claude Duboscq, compositeur et poète, avec lequel elle collabore. Ce dernier fait resurgir en elle le mysticisme religieux qui l’habitait. En 1927, elle crée aussi deux panneaux à La Coupole, une immense brasserie Art Déco sur le Boulevard Montparnasse. Elle expose au Salon de Tuileries jusqu'en 1938.
Marie Vassilieff crée des marionnettes pour le Congrès de Marionnettes à Chicago en 1931. En 1937, elle conçoit ses costumes illuminés « Sonnet aux Voyelle » pour le Théâtre d’Art et Essai de Louise Lara à l’Exposition Internationale des Arts et Techniques dans la Vie Moderne. Elle peint également des panneaux pour le chemin de fer à la Gare Montparnasse. En 1938, elle quitte Paris pour le sud de la France et s’installe à Cagnes-sur-Mer. Cette même année, Peggy Guggenheim présente ses œuvres dans sa galerie londonienne.
A partir de 1953 Marie Vassilieff réside dans la Maison nationale de retraite des artistes à Nogent-sur-Marne, où elle décède le 14 mai 1957, à l'âge de 73 ans.








