Anna Boch

Anna Boch
Anna Boch vers 1875

1848 - 1936

Rosalie-Anna Boch est née le 10 février 1848 dans une famille fortunée, propriétaire des célèbres faïenceries Boch de La Louvière en Belgique. Sa vie est décrite dans deux récits. Il y a d'une part le journal que sa mère Lucie a tenu, entre avril 1851 et avril 1871 et celui qu'Anna a minutieusement noté dans un carnet, de novembre 1871, tout juste après la mort de sa mère, jusqu'en 1934 ; et d'autre part le livre qu'Anna écrit en hommage à sa mère en 1935 : Souvenirs d'une vie. Une phrase qu'elle a notée à la dernière page de son journal, résume bien la vie d'Anna : « J'ai communié le 63e anniversaire de la mort de maman ». Toute sa vie, elle a été très dévote et attachée à sa mère. Elle était aussi très liée à son frère Eugène, également artiste peintre et qui se liera d'amitié avec Van Gogh. Elle adorait peindre avec son frère et ils travaillèrent régulièrement ensemble, côte à côte, comme pendant leur séjour au Midi

De 1866 à 1876, elle passe les mois d'hiver à Bruxelles, qu'elle préfère à la petite ville de La Louvière. Elle reçoit une première éducation artistique traditionnelle. La découverte de l'œuvre de peintres de plein air, tels que Hippolyte Boulenger ou Théodore Baron, lui ouvre une nouvelle voie. Elle suit alors, de 1876 à 1886, l'enseignement du paysagiste Isidor Verheyden, adepte de la peinture d'après nature, au contact duquel elle éclaircit sa palette et épure quelque peu son style.

Ces premiers tableaux sont dans la lignée de Corot et quand, vers 1885, elle commence à peindre de façon impressionniste, cette approche picturale n'est plus vraiment une nouveauté. Des peintres tels que Manet ,ou pour se limiter aux femmes, Berthe Morissot, étaient passé par là vingt ans auparavant. Malgré qu'elle a fait partie du groupe des XX réunis autour de son cousin Octave Maus et dont elle était le seul membre féminin, elle n'a jamais été une peintre d'avant-garde.

En novembre 1878, après une déception amoureuse sur laquelle elle restera toujours très discrète, elle entreprend un voyage au Maroc, chaperonnée par son jeune frère. Elle voyage aussi en Italie, Espagne, Algérie, Grèce et bien sûr en France. Mais en dehors de la France, où elle va régulièrement, elle rapporte très peu de croquis et tableau de ses voyages.

Elle expose régulièrement à Bruxelles avec les XX. En 1885, 1891 et 1892, elle participe au salon des indépendants à Paris. Mais ce n'est qu'en 1908, quand elle a déjà 60 ans, qu'a lieu, chez Druet à Paris, sa première exposition personnelle à l'étranger.

Bien qu'elle se disait satisfaite de sa « boutique » comme elle appelait la vente de ses tableaux, Anna Boch n'a jamais eu besoin de vendre pour vivre. Ses revenus lui venaient d'opérations immobilières et industrielles. Heureusement, car malgré que ses tableaux étaient fort appréciés ils se sont toujours vendus pour des prix ridiculement bas. Grande bourgeoise par la naissance, elle avait besoin d'une autre forme de reconnaissance que celle qui est liée à la vie sociale superficielle. Elle était femme dans un univers réservé aux hommes, puisqu’au XIXe siècle encore, les filles de bonne société apprenaient un peu de peinture tout comme elles apprenaient le piano et la broderie. Mais elles ne devaient certainement pas en faire une profession. On lit par exemple : « Les tableaux de Mlle Boch sont, pour des tableaux de femme, d'une rare ampleur de facture et de coloris, et c'est un talent mâle qui se dégage de là » et même « Mlle Boch reste un garçon très charmant et très camarade ».

Anna Boch, Martigues
Au bord de la rivière
Ca. 1905
Huile sur toile - 58,5 x 68,5 cm
Collection particulière
Anna Boch, Coin du vieux Bruxelles
Coin du vieux Bruxelles
1935
Huile sur toile - 76,6 x 57,5 cm
Collection particulière
Anna Boch, Au bord de la rivière
En juin
1894
Huile sur toile - 139 x 92 cm
Musée des Beaux-Arts de Charleroi - Belgique
Anna Boch, Intérieur
Intérieur
1906
Huile sur toile - 70 x 60 cm
Collection particulière
Anna Boch, En juin
En juin
1894
Huile sur toile - 139 x 92 cm
Musée des Beaux-Arts de Charleroi - Belgique
Anna Boch, La desserte
La desserte
1888
Huile sur toile - 89,2 x 138 cm
Collection particulière

Bibliographie :

Anna Boch, Souvenirs d'une vie, Bruxelles Impr. Stofs 1935
Lucie Blondel, Impressions de voyage France-Italie, Bruxelles, Empr. Monnom, 1908
Thérèse Thomas, Anna Boch, Catalogue raisonné, Bruxelles, Ed. Racie, 2005

Sources :

Thérèse Thomas, Anna Boch, Catalogue raisonné, 2005 Ed. Racie Bruxelles